Séminaire Interfaces 2022

QUELS VÉRITABLES LIENS ENTRE LE PROCESSUS DE CONCEPTION INTÉGRÉE ET LA QUALITÉ DU PROJET ?

en partenariat avec la Revue FORMES et le partenariat canadien 4.POINT.0

Le 25 novembre 2022 – 9 h à 13 h

salle 1150 Faculté de l’aménagement, Université de Montréal

2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Montréal (Québec) H3T 1B9

Table rondes et lancement de la plateforme de documentation sur le PCI








Les démarches intégrées pour la réalisation de projets en général, et le processus de conception intégrée (PCI) en particulier, sont de plus en plus perçues comme indispensables pour améliorer la qualité du cadre bâti








Photo: G. Lizarralde (2022)

Objectifs

Au niveau stratégique, quelles considérations éthiques doivent encadrer le débat sur les modes d’habiter des aînés au Québec ?

De quelle façon le processus de conception intégrée (PCI) contribue-t-il à améliorer la qualité des projets ?


Quelles sont les limites des activités participatives et collaboratives dans l’objectif d’atteindre la qualité du cadre bâti ?


Quelles sont les différentes représentations qu’entretiennent les acteurs de l’industrie à l’égard des processus de conception intégrée ?


Quelles tensions émergent des différentes visions de l’intégration et de la collaboration?


Photo : G. Lizarralde 2022. Montréal

Admissible à la formation continue selon les paramètres de l’Ordre des architectes du Québec et de l’Ordre des urbanistes du Québec. Pour l’Ordre des ingénieurs du Québec, nos activités de formation peuvent être admissibles en vertu du Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs.

Les démarches intégrées pour la réalisation de projets en général, et le processus de conception intégrée (PCI) en particulier, sont de plus en plus perçus comme indispensables pour améliorer la qualité du cadre bâti. Ils sont vus comme une façon de pallier les diverses formes de fragmentation qui affectent le secteur du bâtiment et qui freinent l’innovation et le progrès en matière d’objectifs environnementaux. Alors que les liens possibles entre les activités d’intégration et une qualité accrue de projets sont faciles à imaginer en théorie, ils sont beaucoup plus difficiles à démontrer par le biais de la recherche scientifique axée sur la pratique. Il y a quatre raisons principales :

Premièrement, la façon dont les activités d’intégration contribuent à la qualité dépend de la conception de la qualité adoptée. Pour certains, l’objectif du PCI est d’augmenter l’efficacité de projets, notamment en termes de réduction d’erreurs techniques et de pertes de productivité. Pour d’autres acteurs, le but est d’accroitre l’innovation ou la performance des bâtiments. Pour d’autres encore, la véritable valeur réside dans la possibilité de redresser des déséquilibres de pouvoir et d’inclure les opinons et connaissances d’un plus grand nombre de parties prenantes (indépendamment de l’efficacité du processus ou de la performance du produit final). Bref, plusieurs acteurs veulent collaborer, mais ils le font pour des raisons très différentes.

Deuxièmement, la perception de la valeur ajoutée des activités d’intégration varie d’une partie prenante à l’autre. Par exemple, du point de vue des concepteurs on déplore souvent que les activités de co-conception conduisent à l’érosion du concept du projet et à une perte de leadership de la part des architectes. Vues de cet angle, les activités collaboratives durant la phase de conception dilueraient la force créative des professionnels spécialisés (on dessine collectivement un chameau à la place d’un cheval). Du point de vue du donneur d’ouvrage, certains caressent l’ambition de projets plus intégrés tout en étant frileux à débourser davantage pour des activités participatives ou collaboratives. Les usagers futurs se demandent si leur implication aura un impact réel sur la qualité du projet final. Quelle est la valeur de la participation pour ces acteurs ? En résumé, force est de s’interroger sur la réelle perception de la valeur ajoutée offerte par la collaboration. 

Troisièmement, certaines (rares) études critiques au sujet du PCI démontrent que la mise en place d’activités collaboratives ne conduit pas toujours à des résultats concluants en matière de qualité et de performance, tant en termes de processus que de résultats. D’une part, les acteurs ne savent pas nécessairement comment travailler ensemble, des pertes de productivité se produisent et les enjeux visés par les activités collaboratives ne sont pas la priorité de tous. D’autre part, peu d’études post-occupation sont réalisées et donc on en connaît très peu sur le véritable impact des solutions proposées au cours du PCI.

Enfin, la perception des leviers et de la portée du PCI peut grandement varier d’un participant à l’autre. Certains le concevant comme une simple méthode de travail se contenteront de quelques rencontres de collaboration plus ou moins formalisées. D’autres, soucieux de meilleures relations, au sein de l’écosystème d’acteurs soutiendront qu’un véritable PCI exige la mise en place d’un contrat de réalisation de projet intégré (type CCDC 30) pour encadrer le processus. Certains valoriseront la technologie comme moyen d’intégration et de gestion plus performantes des données (par exemple à l’aide d’un modèle BIM). Au-delà des avantages technologiques, d’autres attribueront les réels bénéfices à la qualité des échanges et de l’idéation que promet la démarche. En somme, les définitions de la collaboration et de l’intégration adoptées par les acteurs du projet sont multiples et parfois même contradictoires.      

Étant donné ces différences, on en connaît très peu sur le véritable impact des activités d’intégration sur la qualité des projets construits. Dans ce séminaire, nous adoptons une vision critique du PCI afin de pousser plus loin la réflexion sur sa pertinence, ses forces et ses faiblisses. Il s’agit de poser les assises d’un débat sur les changements requis dans les processus collaboratifs afin d’améliorer la qualité des projets d’aménagement.

Sur les séminaires interfaces

Nos séminaires sont des lieux d’échanges et de connexion entre professionnels et chercheurs. Ils offrent un espace à la création de liens entre plusieurs concepts et connaissances. Ces sont des interfaces de convergence de divers savoirs et de meilleures pratiques.

Photo: B. Herazo 2019

Notre comité scientifique

Gonzalo Lizarralde, Titulaire de la Chaire Fayolle-Magil Construction, Université de Montréal

Mario Bourgault, Professeur titulaire, Polytechnique Montréal

Claude Paquin, Éditeur de la revue FORMES, B. Urb.

Ricardo Leoto, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Benjamin Herazo, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Lisa Hasan, Chaire Fayolle-Magil Construction

Anne-Marie Petter, Coordonnatrice d’activités de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Sara Momennia Rankohi, Polytechnique Montréal


À propos de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité

La Chaire Fayolle-Magil Construction s’intéresse à la qualité de la conception architecturale et à l’emploi de technologies innovantes afin de réaliser un environnement bâti résilient, performant et écoresponsable. La programmation de la Chaire reconnait que plusieurs travaux et recherches sont déjà consacrés à l’étude des technologies constructives, à la performance du bâtiment, aux méthodes de conception, ou encore aux modes de réalisation de projets de construction. Cependant, peu de travaux s’intéressent aux relations qui existent entre les différents aspects de la pratique et des concepts théoriques qui les sous-tendent. En réponse à cette lacune théorique et pratique, la programmation de la chaire vise à examiner les INTERFACES existantes entre les éléments des systèmes complexes dans le domaine de la construction.

La programmation de la Chaire se trouve ainsi à l’intersection des domaines de l’architecture, de la construction et de la durabilité. Elle s’intitule « Faire mieux, bien faire, faire bien : Analyse des relations dans les systèmes complexes dans le domaine de la construction ». L’énoncé « faire mieux » fait appel à l’analyse de la performance du projet. « Bien faire » vise les processus nécessaires pour créer le projet (par exemple, l’analyse des modes de réalisation de projets de construction). Enfin, l’énoncé « faire bien » vise l’éthique du projet. Ainsi, les projets de la Chaire examinent les processus ainsi que les enjeux de performance et d’éthique liés à la réalisation des projets d’architecture, soulignant les approches exemplaires en matière d’intervention sur le cadre bâti, au Canada et ailleurs.

Cette approche transversale permet de dépasser les approches dogmatiques à la durabilité, tels le « greenwashing », le « BIMwashing » ou l’obsession quant à la performance énergétique. Les séminaires INTERFACES de la Chaire se réalisent une fois par année. Il s’agit d’une activité de formation et d’échanges (de 4 à 6 heures), non créditée, offerte aux étudiants et aux professionnels du domaine de l’aménagement.

À propos de 4POINT0

Créée en 2011 en tant que Partenariat sur l’ouverture de l’innovation dans les nouvelles technologies (POINT), puis devenu Partenariat pour l’organisation de l’innovation (4POINT0) en 2017, l’équipe réunit des professeurs d’universités canadiennes, étasuniennes, anglaises, françaises et italiennes, en plus de partenaires issus de différents milieux : gouvernements, entreprises privées, intermédiaires d’innovation, associations diverses, etc. Les membres de l’équipe étudient les écosystèmes innovants collaboratifs par le biais d’approches multidisciplinaires et intersectorielles.

À la suite des rencontres et des recherches menées au cours des premières années, nous avons constaté l’importance et identifié des défis reliés aux écosystèmes d’innovation au Canada. En conséquence, l’équipe s’est réorientée récemment vers « l’organisation » de l’innovation au sein d’écosystèmes constitués d’une variété d’acteurs jouant un rôle prépondérant dans le développement technologique.

Le partenariat souhaite répondre à la question suivante : Comment le Canada peut-il profiter de sa force en science et technologie, construire des écosystèmes d’innovation afin de faire face aux technologies disruptives et ainsi contribuer à l’innovation et à un développement économique fort?