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REPENSER L’HÉBERGEMENT POUR AÎNÉS AU QUÉBEC  

Considérations éthiques et programmatiques en aménagement

en partenariat avec le Magazine Formes

Le 27 novembre 2020 – 9h00 à 12h30

Table ronde via Zoom et lancement d’une plateforme web








L’habitat des aînés: quel regard comme société? quel champ des possibles?








Photo: Projet de L’étudiante Danaé Vandal Université de Montréal

Objectifs

Au niveau stratégique, quelles considérations éthiques doivent encadrer le débat sur les modes d’habiter des aînés au Québec ?

Quels changements d’ordre programmatique (à l’échelle macro – sociétal, culturel, territorial) sont nécessaires pour établir des modes d’hébergement pour aînés plus appropriés et plus justes?


Comment l’aménagement (architecture, urbanisme, architecture de paysage, design d’intérieur) peut-il contribuer à l’amélioration des conditions d’hébergement des aînés?


Quels sont les précédents et les bonnes pratiques? Quels sont les facteurs de succès et les défis à relever?


Admissible à la formation continue selon les paramètres de l’Ordre des architectes du Québec et de l’Ordre des urbanistes du Québec. Pour l’Ordre des ingénieurs du Québec, nos activités de formation peuvent être admissibles en vertu du Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs.

La vulnérabilité accrue des aînés—particulièrement celle des résidents de centres d’hébergement de longue durée et autres complexes d’habitation collectifs—est un problème endémique dénoncé depuis plus de deux décennies mais passé sous le radar de nos gouvernements successifs. La crise de la Covid-19 a sans détours mis en exergue cet important problème de société. Au Québec, 92% des décès durant la pandémie ont touché des personnes de 70 ans et plus et 82% des décès ont eu lieu dans des centres d’hébergement pour personnes âgées. Le Québec ne fait pas figure d’exception dans ce triste bilan. Aux États-Unis, environ 43% des décès causés par le coronavirus sont liés aux centres d’hébergement alors que l’Europe affiche un portrait similaire. Les raisons de cette tragédie des pays riches occidentaux sont multiples, incluant le manque de personnel de soutien (et la gestion inadéquate de celui-ci), le défaut de mesures de prévention et d’équipements de protection, et la méconnaissance des modes de transmission du virus. La Covid-19 a forcé tous les pans de la société à se « réinventer ». N’y faisant pas exception, le Québec se réveille de cette crise confronté à une réalité : il faut impérativement repenser la façon d’héberger les aînés québécois.

Il s’agit d’un chantier ambitieux et de longue haleine, qui exige non seulement le réaménagement de dimensions constructives (tels que les codes, solutions spatiales et paramètres techniques), mais aussi une réflexion et des changements plus profonds quant à nos façons d’habiter, de prendre soin des autres, et d’établir des liens sociaux. Le chantier est certes considérable, mais pas impossible. Comme nous le soulignions récemment dans un article paru dans La Presse [1], la société québécoise a déjà fait preuve de sa capacité à imaginer de nouvelles solutions architecturales adaptées à la réalité contemporaine pour les bibliothèques, les hôpitaux ou encore les écoles publiques. Ces expériences ont démontré que trois variables sont nécessaires pour que s’opère une véritable transformation : une volonté politique forte, un positionnement éthique clair et un renforcement soutenu des compétences professionnelles et techniques.  

La Chaire Fayolle-Magil Construction et la Revue Formes contribueront à ces deux derniers aspects du grand chantier pour le renouvellement de nos façons d’habiter. Elles proposent à ce titre une table ronde virtuelle et une plateforme web, interface visant à faire converger un large spectre de connaissances dans le domaine issues de diverses disciplines : architecture, urbanisme, design d’intérieur, architecture de paysage, sciences médicales et infirmières, gériatrie, éthique, gestion immobilière, et autres secteurs de l’industrie. Cette plateforme laissera aussi place à la voix de personnes aînées, les premiers bénéficiaires d’une telle démarche réflexive. L’objectif est d’identifier les principaux enjeux au soutien de cet indispensable débat de société et d’apporter des perspectives éclairantes sur les possibles solutions.

Repenser l’hébergement pour aînés au Québec. Introduction
Gonzalo Lizarralde
Chaire Fayolle-Magil
La perspective d’un organisme chef de file en matière de soutien aux aînés.
Philippe Poirier-Monette
FADOQ
Les milieux d’hébergement novateurs pour les aînés atteints de problèmes cognitifs.
Rana Boubaker
L’architecture et les soins aux aînés : obstacles et opportunités.
Siamak Barin, architecte OAQ
Enjeux médicaux et éthiques dans les résidences pour aînés.
Magaly Brodeur MD PhD. U.Sherbrooke
La perspective des intervenants en résidence pour ainés.
Marius Berger
Croix-Rouge canadienne
Les angles morts. André Bourassa, architecte OAQ, Bourassa Gaudreau & Associés architectes.
Hébergement des aînés : une perspective territoriale.
Serge Filion,
Géographe, urbaniste OUQ.
Repenser l’hébergement pour aînés au Québec. Conclusion.
Daniel Pearl
Université de Montréal

Sur les séminaires interfaces

Nos séminaires sont des lieux d’échanges et de connexion entre professionnels et chercheurs. Ils offrent un espace à la création de liens entre plusieurs concepts et connaissances. Ces sont des interfaces de convergence de divers savoirs et de meilleures pratiques.

Article récent sur La Presse

Lisez notre récent article sur le problème d’hébergement des aînés au Québec, paru cet été dans La Presse.

Participez à notre débat en ligne. Votez sur la question et écrivez sur notre blogue:

* « l’institutionnalisation » est souvent perçue comme la concentration des aînés dans des centres d’hébergement spécialisés

Notre comité scientifique

Gonzalo Lizarralde, Titulaire de la Chaire Fayolle-Magil Construction, Université de Montréal

Claude Paquin, Éditeur de la revue FORMES, B. Urb.

Béchara Helal, Professeur, École d’architecture, Université de Montréal

Virginie LaSalle, Professeure, École de design, Université de Montréal, membre du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (LEAP)

Paula Negron, Professeure, École d’urbanisme et architecture de paysage,  Université de Montréal

Sébastien Lord, Professeur, École d’urbanisme et architecture de paysage, Université de Montréal

Juan Torres, Vice-doyen à la recherche et aux partenariats, École d’urbanisme et architecture de paysage, Université de Montréal

Magaly Brodeur, Professeure, MD., Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université Sherbrooke

Daniel Pearl, Professeur, École d’architecture, Université de Montréal, membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction, architecte OAQ

Jean-Paul Boudreau, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction, architecte OAQ

Anne-Marie Petter, Coordonnatrice d’activités de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Benjamin Herazo, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction


À propos de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité

La Chaire Fayolle-Magil Construction s’intéresse à la qualité de la conception architecturale et à l’emploi de technologies innovantes afin de réaliser un environnement bâti résilient, performant et écoresponsable. La programmation de la Chaire reconnait que plusieurs travaux et recherches sont déjà consacrés à l’étude des technologies constructives, à la performance du bâtiment, aux méthodes de conception, ou encore aux modes de réalisation de projets de construction. Cependant, peu de travaux s’intéressent aux relations qui existent entre les différents aspects de la pratique et des concepts théoriques qui les sous-tendent. En réponse à cette lacune théorique et pratique, la programmation de la chaire vise à examiner les INTERFACES existantes entre les éléments des systèmes complexes dans le domaine de la construction.

La programmation de la Chaire se trouve ainsi à l’intersection des domaines de l’architecture, de la construction et de la durabilité. Elle s’intitule « Faire mieux, bien faire, faire bien : Analyse des relations dans les systèmes complexes dans le domaine de la construction ». L’énoncé « faire mieux » fait appel à l’analyse de la performance du projet. « Bien faire » vise les processus nécessaires pour créer le projet (par exemple, l’analyse des modes de réalisation de projets de construction). Enfin, l’énoncé « faire bien » vise l’éthique du projet. Ainsi, les projets de la Chaire examinent les processus ainsi que les enjeux de performance et d’éthique liés à la réalisation des projets d’architecture, soulignant les approches exemplaires en matière d’intervention sur le cadre bâti, au Canada et ailleurs.

Cette approche transversale permet de dépasser les approches dogmatiques à la durabilité, tels le « greenwashing », le « BIMwashing » ou l’obsession quant à la performance énergétique. Les séminaires INTERFACES de la Chaire se réalisent une fois par année. Il s’agit d’une activité de formation et d’échanges (de 4 à 6 heures), non créditée, offerte aux étudiants et aux professionnels du domaine de l’aménagement.

Projet de l’étudiant Charles-Édouard Dorion, Maîtrise en architecture, 2019, Université de Montréal.