8. Manque d’expertise et résistance au changement 

Axe II – Aspects sociaux. Niveau – Entreprise

L’adoption du bois d’ingénierie en construction se heurte à un manque d’expertise et à une réticence au changement. Peu d’universités offrent des formations spécialisées, et les architectes comme les ingénieurs privilégient souvent les techniques traditionnelles, en particulier les professionnels les plus expérimentés. De plus, des préoccupations persistent quant à la résistance du bois au feu et à l’humidité, freinant son intégration dans les projets. L’industrie de la construction, encore peu numérisée, peine à moderniser ses méthodes. Comment mieux sensibiliser les décideurs aux avantages du bois d’ingénierie et diffuser efficacement les innovations techniques pour accélérer son adoption ?

« Au niveau de la Régie du Bâtiment, des fois c’est de la méconnaissance….. »

Pierre Dufour, Ministre MRNF, 2021

Photo by Herazo 2024

Article presse
Le bois massif peut-il supplanter le béton dans la construction au Canada?

Cet article de presse interroge la question du remplacement du traditionnel béton par le bois massif en construction au Canada, étant donné plusieurs de ses vertus comme la séquestration du carbone et la réduction des échéanciers. En Alberta notamment, certains jugent que l’utilisation du bois est encore trop précoce pour l’adopter dans les projets résidentiels, ceci suggérant que certaines provinces sont encore hésitantes à passer du béton au bois.

Radio-Canada, 2024

Article presse
Constructions en bois boudées au Québec : un problème de culture et d’éducation?

Cet article identifie la culture et le manque d’expertise chez les professionnels comme des barrières à l’adoption du bois d’ingénierie en construction. Selon l’auteur, le fait que seules deux universités québécoises offrent des cours sur l’utilisation de ce matériau est un obstacle à surmonter.

Cotnoir, 2021

Article presse
Compétences : Un domaine à défricher

Cet article met l’accent sur les opportunités de formation existantes et potentielles en matière de construction en bois, qu’elles soient universitaires ou pratiques. Selon l’Ordre des architectes du Québec, un manque généralisé de compétences dans l’industrie de la construction en bois perdure, lequel pourrait être comblé par des « expériences formatrices ».    

Lemieux, 2014

Article
Identification of Impeding Factors in Utilising Prefabrication during Lifecycle of Construction Projects: An Extensive Literature Review

Par le truchement d’une revue de littérature, cet article identifie les principales barrières à l’adoption de la préfabrication et construction modulaire. Le manque d’expertise et les exigences au niveau de la conception et de la planification sont cités parmi les blocages les plus importants à surmonter.   

Zhou et al, 2024

Article
Assessing the adoption of cross-laminated timber by architects and structural engineers within the United States

Cet article présente les résultats d’un sondage auprès d’architectes et d’ingénieurs en structure américains afin d’évaluer leurs connaissances, niveau d’adoption et assimilation du produit CLT. L’étude révèle que le manque de formation et d’outils est le principal obstacle à l’adoption de cette nouvelle technologie.   

Penfield et al, 2022

Article
Jouer la carte de la préfabrication

La préfabrication de bâtiments au Québec progresse, mais rencontre une forte résistance due au conservatisme de l’industrie et à des coûts énergétiques bas qui freinent l’innovation. Ce mode de construction, plus durable et efficace, fait face à des obstacles financiers et structurels. L’industrialisation, pourtant prometteuse, exige une consolidation du marché pour surmonter ces résistances et s’aligner sur les pratiques avancées d’Europe et d’Asie. Lire l’article ici.

Garon, 2018

Article
Can the Construction Industry Be Disrupted?

En 1910, Villemard imaginait un futur mécanisé pour la construction, mais la réalité est différente. L’industrie demeure technologiquement en retard, freinée par des coûts élevés et des résistances culturelles. Malgré des avancées comme le BIM, les innovations majeures peinent à s’imposer, sauf dans les grandes entreprises. Les robots et outils modernes restent marginaux, tandis que la transformation numérique progresse lentement, favorisant une évolution plutôt qu’une révolution. Lire l’article ici.

Erlich, 2023

Article presse
Why the Construction Industry Is Stuck in the Past

L’industrie de la construction, bien que représentant 10 % du PIB mondial, demeure en retard technologiquement par rapport à d’autres secteurs. Alors que la planification et le design se sont numérisés, les chantiers reposent encore sur des méthodes désuètes. Résultat : une productivité stagnante depuis les années 1960. Le manque d’intégration technologique sur site engendre d’importantes inefficacités, freinant les gains possibles malgré des coûts technologiques en baisse. Lire l’article ici.

Frinault, 2018

Article
The impacts of industrialization on construction subcontractors: a resource based view

L’industrialisation des méthodes de construction progresse, promettant efficacité et durabilité. Cependant, la résistance persiste, notamment parmi les sous-traitants, souvent exclus du débat. Une étude menée en Australie, via des entrevues avec des cadres de six grandes entreprises de sous-traitance, révèle que l’adoption des technologies modulaires hors site bouleverse leurs ressources humaines, financières et sociales. Collaborations accrues et nouvelles compétences sont essentielles pour transformer ces défis en avantages concurrentiels. Lire l’article ici.

Goh and Loosemore, 2016

Article de blogue
Cross-Laminated Timber: The Building Method Changing Construction

Cet article de blogue vante les mérites du CLT en construction, évoquant les raisons pour lesquelles il devrait être adopté. Outre ses bénéfices environnementaux (séquestration du carbone), l’auteur souligne les possibilités de personnalisation permises par cette technologie.

West Coast Project Management, 2024

« D’après un rapport de la Banque Royale du Canada (RBC), le bois ne représentait que 1 % de tous les matériaux de construction en Amérique du Nord en 2022. »

source: Radio-Canada, 2024