Séminaire Interfaces 2026

Les multiples futurs du cadre bâti existant :

en collaboration avec

Le 15 septembre 2026, de 9h à 13h30

Salle 1150 de la Faculté de l’aménagement, Université de Montréal

2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Montréal (Québec) H3T 1B9

Tables rondes et lancement de la plateforme de documentation








« Le bâtiment le plus écologique est celui qui est déjà construit. »

  Carl Elefante, 2007








Photo: BAnQ, Fonds Ministère des Communications, 1971

Questions :

Au niveau stratégique, quelles considérations éthiques doivent encadrer le débat sur les modes d’habiter des aînés au Québec ?

Comment déterminer le niveau d’intervention approprié sur un bâtiment existant?


Quelles innovations permettront d’accélérer la requalification du cadre bâti existant?


Quelles nouvelles formes de gouvernance permettront de concilier patrimoine, décarbonation, logement et viabilité économique?


Ce séminaire INTERFACES et la plateforme de documentation qui l’accompagne, visent à répondre à ces questions et à brosser un portrait de l’innovation en matière de préfabrication de systèmes constructifs en bois au Québec.


Pendant plusieurs décennies, le développement urbain s’est appuyé sur la construction de nouveaux bâtiments. Les immeubles devenus désuets étaient progressivement abandonnés, remplacés ou démolis. Aujourd’hui, les impératifs de décarbonation, la rareté des ressources, la crise du logement, le vieillissement du parc immobilier, les contraintes budgétaires, ainsi que la reconnaissance croissante de la valeur patrimoniale des bâtiments existants conduisent à remettre en question ce modèle. Le bâtiment existant apparaît parfois non plus comme un problème à résoudre, mais comme une ressource à valoriser. Certains considèrent même que « le bâtiment le plus écologique est celui qui est déjà construit ».

On doit de plus en plus considérer une diversité de stratégies d’intervention, allant du maintien d’actifs et de l’entretien continu jusqu’à la démolition partielle ou totale, en passant par l’entretien préventif, la mise aux normes, la rénovation, la restauration, la modernisation, la réhabilitation, la réutilisation adaptative, la reconversion, etc. À travers ce séminaire, la Chaire Fayolle-Magil Construction souhaite ouvrir un espace de réflexion critique sur les multiples futurs du cadre bâti existant. Nous nous concentrons sur deux stratégies spécifiques : le rétrofit et la requalification. Le premier vise généralement à améliorer les performances d’un bâtiment tout en conservant sa fonction principale. Il s’agit souvent de renforcer la structure, d’améliorer l’efficacité énergétique, de remplacer les systèmes mécaniques ou de moderniser l’enveloppe afin de prolonger la durée de vie utile de l’édifice. La requalification, quant à elle, ouvre un champ plus vaste. Elle suppose que l’on puisse également repenser les usages, transformer l’organisation spatiale, adapter le bâtiment à de nouvelles fonctions et répondre à des besoins sociaux urgents, tels que le logement abordable et les services.

Plus facile à dire qu’à mettre en œuvre.  Au Québec, la volonté d’intervenir sur le cadre bâti se heurte à plusieurs défis. De nombreux immeubles présentent des déficiences structurelles, contiennent des contaminants, offrent des enveloppes peu performantes et des configurations spatiales difficilement adaptables aux usages contemporains. Des exigences accrues en matière de sécurité incendie, d’accessibilité universelle, d’efficacité énergétique et de résilience rendent ces interventions longues et coûteuses. Le manque de main d’œuvre dans certains secteurs, les responsabilités professionnelles, l’opposition citoyenne, les modes de réalisation traditionnels et les risques de poursuites en cas de défaillances entravent l’innovation. Les interventions mobilisent une pluralité d’acteurs — propriétaires, gestionnaires immobiliers, concepteurs, urbanistes, autorités réglementaires, historiens, entrepreneurs, chercheurs, militants et citoyens — dont les objectifs sont parfois contradictoires.

Cela dit, les possibilités d’innovation n’ont jamais été aussi nombreuses. Les systèmes préfabriqués, les structures légères en bois, les matériaux biosourcés, la numérisation du bâtiment existant, les nouveaux outils d’analyse du cycle de vie ou encore les approches de conception intégrée permettent aujourd’hui d’envisager de nouvelles façons d’intervenir. Les interfaces entre les structures existantes en béton ou en acier et les nouvelles composantes préfabriquées en bois ouvrent notamment des perspectives prometteuses pour accélérer les travaux, réduire les émissions de carbone et limiter les perturbations sur les chantiers.

Or ces innovations soulèvent elles aussi de nombreuses interrogations : comment déterminer le niveau d’intervention approprié? Dans un contexte économique difficile, à quel prix est-il justifié de préserver l’existant? Comment adapter, faire évoluer ou, au besoin, remettre en question les cadres réglementaires pour favoriser l’intervention sur le cadre bâti existant? Quelle est la véritable valeur économique de la préservation par rapport à la démolition d’un immeuble? Comment concilier plusieurs objectifs  susceptibles d’entrer en contradiction, tels que la préservation du patrimoine bâti et l’accessibilité universelle; la résilience et la réduction du carbone intrinsèque; ou encore l’abordabilité, la qualité des logements et la sécurité incendie? Ces questions invitent à dépasser une vision strictement technique ou économique des interventions sur le cadre bâti existant, puisqu’elles soulèvent des arbitrages qui relèvent de véritables choix de société. Choisir l’avenir d’un bâtiment devient ainsi un exercice collectif qui exige de nouvelles formes de gouvernance, de collaboration et de prise de décision.

Ce séminaire réunira des chercheurs, professionnels, gestionnaires publics, décideurs, industriels et étudiants afin de débattre de ces enjeux. Car au fond, la question n’est peut-être plus de savoir s’il faut conserver ou démolir, mais bien comment imaginer les multiples futurs possibles de notre cadre bâti existant.


Admissible à la formation continue selon les paramètres de l’Ordre des architectes du Québec et de l’Ordre des urbanistes du Québec. Pour l’Ordre des ingénieurs du Québec, nos activités de formation peuvent être admissibles en vertu du Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs.

Ce séminaire INTERFACES et la plateforme de documentation qui l’accompagne, visent à répondre à ces questions et à brosser un portrait de l’innovation en matière de préfabrication de systèmes constructifs en bois au Québec.

Example de bâtiment publique à requalifier: Le centre de loisirs et d’animation culturelle de Guybourg

Pourquoi ce séminaire?

Pour :

  • Partager les plus récents travaux de recherche;
  • Croiser les perspectives des chercheurs, des professionnels et des gestionnaires;
  • Identifier des pistes d’action pour accélérer la requalification du parc immobilier existant.

Sur les séminaires interfaces

Nos séminaires sont des lieux d’échanges et de connexion entre professionnels et chercheurs. Ils offrent un espace à la création de liens entre plusieurs concepts et connaissances. Ces sont des interfaces de convergence de divers savoirs et de meilleures pratiques.

Séance de travail avec les partenaires du projet Réqualification de bâtiments publics. Photo : Herazo 2026

Article récent sur La Presse

Lisez notre récent article sur réflexion sur les normes qui encadrent la construction paru dans La Presse.


Notre comité scientifique

Gonzalo Lizarralde, Titulaire de la Chaire Fayolle-Magil Construction, Université de Montréal

Daniel Pearl, Professeur titulaire, Université de Montréal

Claude Paquin, Revue Formes

Richard Trempe, Tremple architects et membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Yvon Lachance, Lachance architects et membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Anne-Marie Petter, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction

Benjamin Herazo, Membre de la Chaire Fayolle-Magil Construction


À propos de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité

La Chaire Fayolle-Magil Construction s’intéresse à la qualité de la conception architecturale et à l’emploi de technologies innovantes afin de réaliser un environnement bâti, résilient, performant et écoresponsable. La programmation de la Chaire reconnait que plusieurs travaux et recherches sont déjà consacrés à l’étude des technologies constructives, à la performance du bâtiment, aux méthodes de conception, ou encore aux modes de réalisation de projets de construction. Cependant, peu de travaux s’intéressent aux relations qui existent entre les différents aspects de la pratique et des concepts théoriques qui les sous-tendent. En réponse à cette lacune théorique et pratique, la programmation de la chaire vise à examiner les INTERFACES existantes entre les éléments des systèmes complexes dans le domaine de la construction.

La programmation de la Chaire se trouve ainsi à l’intersection des domaines de l’architecture, de la construction et de la durabilité. Elle s’intitule « Faire mieux, bien faire, faire bien : Analyse des relations dans les systèmes complexes dans le domaine de la construction ». L’énoncé « faire mieux » fait appel à l’analyse de la performance du projet. « Bien faire » vise les processus nécessaires pour créer le projet (par exemple, l’analyse des modes de réalisation de projets de construction). Enfin, l’énoncé « faire bien » vise l’éthique du projet. Ainsi, les projets de la Chaire examinent les processus ainsi que les enjeux de performance et d’éthique liés à la réalisation des projets d’architecture, soulignant les approches exemplaires en matière d’intervention sur le cadre bâti, au Canada et ailleurs.

Cette approche transversale permet de dépasser les approches dogmatiques à la durabilité, tels le « greenwashing », le « BIMwashing » ou l’obsession quant à la performance énergétique. Les séminaires INTERFACES de la Chaire se réalisent une fois par année. Il s’agit d’une activité de formation et d’échanges (de 4 à 6 heures), non créditée, offerte aux étudiants et aux professionnels du domaine de l’aménagement.


À propos du projet de recherche

Le projet de recherche sur la requalification des bâtiments publics est une initiative interdisciplinaire qui réunit des chercheurs, des professionnels, des gestionnaires publics, des industriels et des partenaires institutionnels afin de développer des connaissances et des solutions innovantes pour prolonger la durée de vie du cadre bâti existant, réduire son empreinte environnementale et répondre aux besoins émergents de la société.

Le projet explore les multiples stratégies d’intervention sur le cadre bâti existant, du maintien des actifs et du rétrofit jusqu’à la requalification et à la reconversion, en s’intéressant aux interfaces entre les bâtiments, les matériaux, les technologies, les usages, les politiques publiques et les acteurs du territoire. Il vise à favoriser une approche intégrée permettant d’accélérer la transition écologique, d’améliorer la résilience des collectivités et de valoriser le patrimoine bâti tout en répondant aux enjeux de logement, d’accessibilité et de qualité du cadre de vie.


À propos du projet de recherche

Le laboratoire INTERFACES BOIS est un partenariat de recherche et développement (R&D), financé principalement par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, qui regroupe une dizaine de partenaires du secteur de l’aménagement et de l’industrie de la construction, ainsi que plus de 15 chercheurs et hercheuse de l’Université de Montréal, Polytechnique Montréal et l’UQAM.

Ce laboratoire vise à développer des connaissances à l’aide de projets de R&D (Recherche et développement) des systèmes constructifs favorisant une utilisation accrue du bois dans la construction au Québec. Il explore les interfaces entre matériaux, systèmes constructifs, acteurs et écosystèmes afin de favoriser l’intégration du bois, réduire l’impact environnemental du secteur du bâtiment et favoriser la qualité du cadre bâti.